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EFES NEWSLETTER - MARS 2026

  Grande Bretagne – Madame Reeves a menti

On a vu depuis dix ans une extraordinaire progression de l'actionnariat salarié dans les PME en Grande Bretagne. Celle-ci se dirigeait rapidement vers une économie où une PME sur dix serait détenue par ses salariés. Ceux-ci deviennent généralement propriétaires à 100% de leur entreprise. Sans devoir dépenser un centime de leur poche! Ce succès est dû à l’introduction du mécanisme de la Fiducie d'Actionnariat Salarié (Employee Ownership Trust) en 2014.

Et puis… la nouvelle Chancelière de l’Echiquier Rachel Reeves a décidé de retaxer la cession d’entreprises aux salariés. Depuis le 26 novembre dernier, l’exemption de taxe sur la plus-value de cession de l’entreprise aux salariés est réduite à 50% au lieu de 100%. L’effet est dramatique. Du jour au lendemain la transmission d’entreprises aux salariés est à l’arrêt en Grande Bretagne.

Madame Reeves a commenté sa décision en affirmant que 50% d’incitants c’est toujours beaucoup; cela permettra de continuer avec succès la transmission d’entreprises aux salariés.

Madame Reeves a menti. Elle savait que l’effet serait catastrophique. Un rapport l’avait avertie. Celui-ci détaillait les deux principaux incitants fiscaux de la législation EOT (Employee Ownership Trust).

Le premier incitant est pour le vendeur de l’entreprise. Celui-ci est exempté de taxe (Capital Gain Tax relief) sur la vente de l’entreprise à un EOT. C’est l’incitant que Madame Reeves a choisi de réduire à 50% au lieu de 100%. Le rapport à Madame Reeves affirmait que cet incitant est “un argument-clé du modèle EOT” “qui le rend plus convainquant financièrement que toute autre forme de cession d’entreprise”. Aussi “tout changement apporté à l’exemption de taxe rendrait le choix du modèle EOT moins attrayant”.

Le deuxième incitant est pour les profits distribués par le EOT aux salariés propriétaires après la cession de l’entreprise. Jusqu’à 3.600£ par an, cette distribution peut prendre la forme d’un bonus exempté d’impôt. D’après le rapport, cet incitant n’est pas déterminant pour le succès du modèle EOT, il est “considéré comme une simple cerise sur le gateau plutôt que comme un élément clé de la décision de choisir le modèle EOT”.

Pour compléter le tableau, il faut encore savoir ceci: le premier incitant est un “one shot”. Non seulement il est très efficace mais il est peu coûteux pour la Trésorerie de Sa Majesté. Le deuxième incitant par contre n’est pas indispensable mais il se répète année après année, ce qui finit par être très coûteux pour le Trésor.

Et voici le plus gros mensonge. Madame Reeves a affirmé qu’elle se souciait de réduire le coût du modèle EOT pour le Trésor de Sa Majesté. Pourtant, au lieu de réduire le deuxième incitant, très coûteux et peu efficace, Madame Reeves a plutôt choisi de réduire le premier incitant, peu coûteux et très efficace. Drôle de calcul pour les finances de Sa Majesté.

Quel est ce mystère? Patience, l’explication viendra dans une prochaine édition de cette chronique. Certains lecteurs au Royaume Uni la connaissent sans doute déjà. N’hésitez pas à nous envoyer vos informations et vos témoignages, cela sera certainement utile pour la suite. 

Il n’y a qu’une seule voie pour éviter le désastre. Il faut rétablir l’exemption à 100% sur la plus-value de cession de l’entreprise aux salariés.

Plus d'info


Revue de presse
Une sélection de 26 articles remarquables dans 11 pays en février 2026: Belgique, Canada, Espagne, France, Italie, Norvège, Slovaquie, Slovénie, Suède, Royaume-Uni, États-Unis.
Belgique: Gouvernance holacratique pour l’actionnariat salarié.
Canada: Appels à pérenniser les incitations fiscales pour la transmission d’entreprises aux salariés.
Espagne: En Europe, le lobby des startups est piloté depuis les USA via quelques hubs d’apparence autochtone et avec sa propre vision de l’actionnariat salarié.
France: Panorama annuel du Groupe Eres. La Fondation Jean Jaures scotchée aux temps anciens.
Italie: Nouveau plan d’actionnariat salarié pour Leonardo.
Norvège: Veidekke offre l’un des meilleurs exemples de l’actionnariat salarié dans les grandes entreprises européennes.
Slovaquie: Premier plan d’actionnariat salarié pour Gevorkyan.
Slovénie: Levica est le parti politique qui préconise la voie slovène pour l’actionnariat salarié.
Suède: Des orchidées pour M. Rothstein.
Royaume Uni: Encore quelques cas isolés de transmissions à des Fiducies d’Actionnariat Salarié.  
USA: Transferts d’entreprises sur base de modèles variés de fiducies.

La revue de presse complète est disponible à la page:
              https://www.efesonline.org/PRESS REVIEW/2026/February.htm 


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   Très cordialement

 

 
 

Marc Mathieu
Secrétaire Général
FEAS - FEDERATION EUROPEENNE DE L'ACTIONNARIAT SALARIE
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